LA CASERNE BIR HACHEIM
- 19 févr.
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 22 févr.
Vous avez peut-être déjà consulté les biographies de commandos publiées sur le site Parcours des Vies dans la Royale , ou bien vous détenez des documents d’archives originaux relatifs à leur service militaire.
Dans de nombreux dossiers et témoignages, il est fréquemment fait mention de la Caserne Bir Hacheim, souvent abrégée en CBH. Cette appellation revient régulièrement dans les états de service, les correspondances administratives ou les récits de carrière.
Par ailleurs, un grand nombre de biographies évoquent également la Caserne Surcouf, autre lieu emblématique associé au parcours de nombreux commandos. Plus rarement, certaines sources citent la Caserne Birot, qui apparaît de manière plus ponctuelle dans les archives et les témoignages.
Ces différentes casernes constituent ainsi des repères récurrents dans l’histoire et la mémoire des commandos, témoignant de leur importance dans l’organisation, la formation et la vie quotidienne de ces unités.
Voici les trois casernes terrestres les plus importantes utilisées par la FNFL. La caserne Bir Hacheim (quelquefois écrite « Bir Hakeim »), bien documentée, fait l'objet de la majeure partie de cet article. Elle vous permettra de mieux comprendre la vie dans ces casernes, où de nombreux commandos ont passé plusieurs mois durant la guerre.
Quelques brèves notes sont également incluses concernant les casernes Surcouf et Birot.

Caserne Bir Hacheim
La caserne Bir Hacheim était une caserne de la FNFL située à Emsworth, près de Portsmouth, et inaugurée en août 1942.
En septembre 1941, la FNFL demanda l'autorisation d'établir un dépôt d'équipages terrestre pour 400 hommes. Un terrain fut trouvé à Emsworth, à environ 15 km au nord-est de Portsmouth. Ce dépôt remplaça les « casernes flottantes » que constituaient jusqu'alors les bâtiments obsolètes de la FNFL ancrés dans le port de Portsmouth (le cuirassé Courbet, l'aviso Arras et le contre-torpilleur Ouragan).
L'École des Fusiliers Marins de Skegness (HMS Royal Arthur) fut transférée à Emsworth au même moment.
Il ne subsiste aucune trace de la caserne ; le site fut réaménagé en lotissement après la guerre. Il se situait au nord de Southleigh Road, approximativement entre l'actuelle Allendale Avenue et Hollybank Lane. L'actuel Greville Green occupe l'emplacement de l'ancien terrain de parade.
Elle tire son nom de la bataille de Bir Hakeim, qui se déroule dans une oasis du même nom, située dans le désert libyen au sud-ouest de Tobrouk, durant la bataille de Gazala (26 mai – 21 juin 1942). La 1re Brigade française libre, sous les ordres du général de brigade Marie-Pierre Kœnig, défendit la position du 26 mai au 11 juin contre les forces de l'Axe de la Panzerarmee Afrika, commandées par le Generaloberst Erwin Rommel. La Panzerarmee s'empara de Tobrouk dix jours plus tard.
Le retard imposé à l'offensive de l'Axe par la défense de Bir Hakeim contribua à l'annulation de l'opération Herkules, l'invasion de Malte par l'Axe. Rommel envahit l'Égypte, ralentie par les manœuvres dilatoires britanniques jusqu'à la première bataille d'El Alamein en juillet, où l'avancée de l'Axe fut stoppée. Les deux camps exploitèrent la bataille à des fins de propagande ; Winston Churchill qualifia les Forces françaises libres de « La France Combattante ».
La caserne fut ouverte le 1er août 1942 et une cérémonie d'inauguration officielle eut lieu le 24 septembre 1942. Y assistèrent le contre-amiral Auboyneau, chef de la FNFL, le cardinal Hinsley, archevêque de Westminster et chef de l'Église catholique en Angleterre et au Pays de Galles, Sir Denis Daley, maire de Portsmouth, et d'autres dignitaires.
Aucun plan du site de la caserne n'a été retrouvé, mais une description détaillée figure dans les archives françaises (SHD Vincennes, TTC 94). Le camp était logé dans 34 baraquements Nissen pour 371 hommes, bien qu'en pratique, jusqu'à 420 hommes y aient été hébergés. Dix baraquements supplémentaires servaient d'entrepôts, de cantines, de cuisines et d'une boutique, ainsi qu'une salle de réunion pouvant accueillir 250 hommes. Un baraquement fut transformé en chapelle. Des bâtiments séparés en briques abritaient des sanitaires, une petite prison de dix cellules, des sous-stations électriques et incendie, et une petite infirmerie de 15 lits. Le camp était alimenté en électricité, en eau courante et disposait d'un système d'égouts.
Les logements étaient assez confortables, quoiqu’un peu spartiates.
Le périmètre du site était protégé par cinq rangées de barbelés. La défense était assurée par un canon double de 37 mm, une mitrailleuse quadruple de 13,2 mm et six mitrailleuses de 8 mm déployées à des points stratégiques.
Deux anecdotes intéressantes, toutes deux liées aux préoccupations des autorités britanniques concernant la sécurité des Forces françaises libres (FFL), et plus largement de toutes les forces françaises libres présentes au Royaume-Uni.
En novembre 1942, le quartier général de la FNFL à Londres fut informé qu'un pilote britannique avait aperçu une grande Croix de Lorraine, apparemment un parterre de fleurs au milieu d'une pelouse à Bir Hacheim, visible à 1000 mètres d'altitude, ce qui indiquait clairement l'emplacement du site. Le commandant du camp reçut l'ordre de retirer la croix sans délai, mais sa première action fut d'enlever la seconde barre, ne laissant qu'une simple croix. Les archives ne précisent pas si cette mesure fut jugée suffisante.
En 1943, la FNFL demanda l'autorisation d'installer un émetteur radio à Bir Hacheim, officiellement pour communiquer avec ses unités stationnées hors du Royaume-Uni. À cette époque, toutes les communications radio avec les navires de la FNFL étaient de fait contrôlées par la Royal Navy, qui disposait d'opérateurs radio à bord de tous les navires. Le ministère des Affaires étrangères craignait que la radio ne serve à diffuser des messages politiques, dont beaucoup seraient assurément déplaisants au gouvernement de Sa Majesté. La demande fut refusée.
Caserne Surcouf
La caserne Surcouf était la principale caserne de la FNFL à Londres et servait également de base administrative pour la FNFL au Royaume-Uni. Ouverte en 1942, elle remplaça les précédents logements et sites administratifs situés à Gordon Street (de juillet 1940 à mai 1941, sous le nom de Compagnie de Passage Londres, abrégée CPL) et à Barnes (de mai 1941 à mai 1942).
Elle était installée dans un ancien couvent abandonné, l'école du couvent Notre-Dame, tenue par un ordre de religieuses belges, au 40 South Side, Clapham Common.
Après la guerre, le site a été réaménagé en lotissement et il ne reste plus aucune trace du bâtiment du couvent.
Caserne Birot
La caserne Birot desservait la principale base des Forces navales
françaises (FNFL) à Greenock, où était stationnée la flotte de corvettes. À son apogée, elle abritait environ 1500 militaires des FNFL. La caserne fut nommée en l'honneur du capitaine de corvette Roger Birot, commandant de la corvette Mimosa, basée à Greenock et coulée par le U-124 le 9 juin 1942, entraînant la mort de presque tout l'équipage (à l'exception de quatre hommes).
La caserne occupait plusieurs bâtiments à Greenock, principalement dans le secteur allant de Newark Street aux villas au pied de Lyle Road, créant ainsi un petit coin de France.
Après la guerre, un mémorial fut érigé sur Lyle Hill, dominant le port.
© Noël Rabouhans - 16 février 2026



Une belle découverte, merci !
Merci Noel pour ce témoignage.