
L'histoire des Commandos de la France Libre

Philippe Kieffer et la naissance des Commandos de la France libre
1939 - 1942
Philippe Kieffer (1899-1962) occupe une place unique dans l’histoire de la France libre : celle d’un civil que rien ne destinait à la guerre, mais qui devint le fondateur de la première unité commando française.
Né à Port-au-Prince, élevé entre Haïti et Jersey, il bénéficie d’une formation cosmopolite et d’une parfaite maîtrise de l’anglais et de l’espagnol. Après des études de commerce, il mène une brillante carrière bancaire, notamment comme directeur-adjoint de la Banque Nationale de la République d’Haïti.
Rentré en France en 1939, il s’engage dans la Marine et sert à Dunkerque puis à Cherbourg. Evacué en Angleterre en juin 1940, il rejoint aussitôt la France libre. Officier interprète et du chiffre, professeur d’anglais à l’École navale, il devient officier de liaison auprès de la Royal Navy. Poste essentiel mais éloigné du front, cette fonction nourrit chez lui une volonté croissante de combattre.
C’est à Portsmouth qu’il découvre les commandos britanniques. Impressionné par leurs raids, il est convaincu que la France libre doit participer à cette forme d’action offensive. Il suit alors plusieurs stages d’armes et de débarquement pour devenir fusilier marin, s’impose par son sérieux et commence à recruter des volontaires parmi les FNFL avec l’autorisation de ses chefs.
Au printemps 1942, un accord franco-britannique place officiellement ces volontaires sous commandement des Combined Operations. En avril, Kieffer et son groupe rejoignent Achnacarry, l’école des commandos. L’entraînement, d’une extrême exigence, forge discipline, endurance et esprit de corps.
À partir de là, Kieffer n’est plus seulement un volontaire déterminé : il devient le créateur d’une unité nouvelle, française par son identité mais formée selon les standards britanniques. Cette 1re Compagnie de fusiliers marins commandos — que l’histoire surnommera « Commando Kieffer » — est le fruit direct de sa vision et de sa ténacité.

Devenir Commando : Achnacarry, Wrexham et l’esprit béret vert
1942
Devenir commando dans les Forces françaises libres relevait d’une sélection d’une exigence rare. Les volontaires recrutés par Philippe Kieffer à partir de 1942 doivent suivre un entraînement extrême.
Après une présélection menée par Kieffer et ses adjoints, les volontaires sont envoyés à Achnacarry, en Écosse, où les Britanniques ont ouvert en 1942 le Commando Training Center. L’instruction y est particulièrement sélective et méthodiquement conçue pour pousser chaque homme à ses limites : marches rapides, franchissements d’obstacles, tirs réels en progression, exercices amphibies, bivouacs sommaires, sommeil réduit. On y court partout, tout le temps, et la polyvalence est la règle.
Le fameux parcours commando, réalisé sous pression et chronométré, symbolise cette philosophie. Les instructeurs imposent un rythme effréné destiné à développer réflexes, sang-froid et capacité à agir en petite unité sans attendre d’ordres détaillés.

À partir de 1943, une partie de la formation est transférée à Wrexham, au pays de Galles, dans un centre annexe qui applique les mêmes standards et où plusieurs Français seront brevetés.
À l’issue du stage, les volontaires reçoivent leur brevet commando et ont désormais le droit de porter les insignes britanniques ainsi que, à partir de la fin de 1942, le béret vert adopté par toutes les unités commandos.
De cette formation naît ce que les Britanniques appellent le Commando Spirit, traduit en France par « esprit béret vert » : cohésion totale, discipline sans faille, initiative individuelle et humilité. C’est cet esprit, forgé sur les chemins d’Écosse et du pays de Galles, qui donnera aux commandos français leur identité et les préparera aux combats les plus durs, de Sword Beach à Walcheren.

Le N°10 Inter-Allied Commando
1942
Créé en 1942, le N°10 Inter-Allied Commando réunit des volontaires de pays occupés, formant une unité multinationale unique mêlant expériences, langues et connaissance du terrain.
Le N°10 Inter-Allied Commando est l’une des unités les plus originales de la Seconde Guerre mondiale. Créé en 1942, il réunit des volontaires issus de pays occupés afin d’exploiter leur motivation, leurs langues et leur connaissance du terrain. Il regroupe ainsi des troops belge, néerlandaise, norvégienne, polonaise, yougoslave, une troop de germanophones antinazis, et deux troops françaises : la n°1 dès 1942, puis la n°8 en 1943.
Les Français sont les premiers étrangers autorisés à suivre l’intégralité de la formation commando britannique. Après un bref passage au N°2 Commando, ils rejoignent le N°10 au moment où celui-ci se structure et participent à ses missions jusqu’au début de 1944, date à laquelle ils sont détachés au N°4 Commando en vue du Débarquement.
Le N°10 déploie ses contingents sur plusieurs théâtres : Belges en Italie, Néerlandais en Extrême-Orient puis en Europe, etc. Chaque troop conserve son identité nationale, mais l’ensemble fonctionne sous un commandement britannique unique. Cette cohérence fait du N°10 une véritable force interalliée, comparable — dans l’esprit — à la future brigade SAS.
En 1944–1945, plusieurs contingents jouent un rôle majeur dans la bataille de l’Escaut. À Walcheren, les Belges débarquent à Westkapelle et des Néerlandais sont intégrés en petits groupes, dont onze aux côtés des Français lors de l’assaut de Flessingue. C’est l’opération où le N°10 est le plus massivement engagé, au prix de pertes élevées.
L’histoire du N°10 rappelle que les opérations spéciales alliées furent un effort multinational : de 1942 à 1945, des commandos de nombreuses nations partagent le même entraînement, le même béret vert et les mêmes risques.
Le raid de Dieppe
19 août 1942
Le raid de Dieppe constitue le premier engagement opérationnel des commandos français. Le 15 août 1942, alors que la troop française n’est encore qu’un petit groupe récemment formé, Kieffer reçoit l’ordre de fournir quinze volontaires. Répartis en trois groupes de cinq, ils sont intégrés au dispositif allié avec des missions limitées mais précises.

Le groupe Vourch, déployé devant Dieppe même, doit débarquer avec les Canadiens et recueillir du renseignement auprès des civils. Le feu allemand est si intense qu’aucun Français ne parvient à atteindre la plage.
Le groupe Wandelaer, chargé d’appuyer l’attaque contre la batterie de Berneval, subit les premières pertes de l’histoire des commandos français : le second maître Moutailler est tué et le quartier-maître César capturé. Ce dernier s’évadera pourtant de manière spectaculaire avant de rejoindre Londres en juin 1943.
Le groupe Baloche, intégré au N°4 Commando de Lord Lovat, participe à la destruction de la batterie de Varengeville : c’est le seul détachement français à remplir totalement sa mission. Baloche recevra pour cela la première Military Medal attribuée à un Français.
Pour les Français libres, Dieppe n’est pas une démonstration de force mais une participation symbolique et expérimentale. Leur comportement au combat impressionne les Britanniques et crédibilise pleinement le projet Kieffer. L’opération, pourtant coûteuse pour les Canadiens, devient un moment fondateur : premier mort, première décoration, premier engagement réel. C’est en se souvenant de Dieppe que Lord Lovat demandera, en 1944, l’intégration des commandos français au N°4 Commando pour le Débarquement en Normandie.


Une unité en mal d’emploi
1942 - 1943
Après Dieppe, l’enthousiasme des commandos français retombe brusquement. Alors qu’ils viennent de prouver leur valeur, la troop française du N°10 Inter-Allied Commando entre dans une période d’inaction qui marque durablement son histoire.
À l’été 1942, Kieffer commande près de 70 hommes mais aucune opération d’envergure n’est prévue en Europe occidentale, et les contingents étrangers du N°10 restent marginaux dans les priorités alliées. Résultat : aucune mission ne leur est confiée pendant des mois.
Cette attente provoque un profond malaise. Beaucoup de volontaires espéraient combattre rapidement et vivent cette immobilité comme une déception. Les départs se multiplient : huit hommes fin 1942, puis une quinzaine en janvier 1943, dont un tiers issu du premier stage commando.
Kieffer doit alors maintenir l’unité « à bout de bras ». Il sollicite sans relâche des renforts, entretient la cohésion par un entraînement soutenu et cherche de nouvelles perspectives. Les états-majors franco-britanniques envisagent même d’ouvrir l’unité aux opérations aéroportées : plusieurs commandos suivent un court stage parachutiste, dans la perspective d’un raid contre les installations sous-marines de Lorient, finalement abandonné.
Ce n’est qu’en 1943, grâce à l’arrivée de nouveaux volontaires venus de la Marine et de l’armée de terre, que les effectifs doublent. Pourtant, aucune mission ne leur est encore attribuée avant l’hiver 1943–1944.
Cette longue période d’attente, faite de doutes et d’incertitude, constitue l’une des épreuves morales les plus difficiles pour l’unité. Elle forge pourtant une cohésion et une discipline qui compteront lorsqu’ils seront enfin désignés pour participer à la préparation du Débarquement.
Les raids de sondage
1943 - 1944
L’hiver 1943–1944 marque la véritable entrée des commandos français dans les opérations spéciales alliées. Après plus d’un an d’attente, ils participent enfin à une série de petits raids côtiers visant à tester les défenses allemandes, recueillir du renseignement et maintenir la pression psychologique, des missions nocturnes exigeant mobilité et discrétion.
Après la participation du commando Casalonga au raid Forfar Beer aux côtés des Britanniques en septembre 1943, c’est finalement entre décembre 1943 et janvier 1944 que s’ouvre la série des Hardtack, vaste ensemble de raids menés sur les côtes françaises, belges et néerlandaises.
Plusieurs groupes français y participent. Les objectifs varient : reconnaître des secteurs suspects, capturer des sentinelles, vérifier le calibre et la position de batteries, ou simplement confirmer que certaines plages ne sont pas propices à un débarquement. Les conditions sont souvent extrêmement difficiles. Plusieurs raids sont annulés ou interrompus avant la mise à terre, mais ils permettent aux Français d’acquérir une expérience précieuse.
À ces opérations succède Premium, dans la nuit du 27 au 28 février 1944, dernier raid de sondage confié aux Français. Dirigé par le lieutenant Charles Trépel, il vise la reconnaissance du littoral de Wassenaar aux Pays-Bas, secteur utilisé par les services secrets britanniques et où les Allemands construisent des sites de lancement de V2. L’équipe disparaît entièrement dans des circonstances restées obscures, et ses corps ne seront retrouvés qu’en 1945. Cette perte met fin aux raids de sondage.
Au total, 14 commandos français sont morts ou disparus. L’unité, désormais éprouvée mais aguerrie, est bientôt engagée dans la préparation du Débarquement.

La préparation du Débarquement
1e avril 1944
Après les raids de sondage de l’hiver 1943-1944, les commandos français du 1er BFMC sont officiellement retirés du N°10 Inter-Allied Commando et rattachés en avril 1944 au N°4 Commando rattaché à la 1st Special Service Brigade de Lord Lovat. Ce dernier, qui a combattu à leurs côtés a Dieppe a demandé à les avoir sous ses ordres pour le Jour J.
Dès leur arrivée à Bexhill, ville de garnison du n°4, l’entraînement des commandos français et britanniques se concentre sur la préparation amphibie : embarquement et débarquement sous le feu, progression sur plage, destruction d’obstacles, combat urbain et coordination avec les équipes du génie. Des exercices grandeur nature sont menés en Écosse pour reproduire au plus près les conditions attendues le Jour J bien qu’aucune information officielle ne soit transmise.
En parallèle, les effectifs sont complétés par quelques derniers renforts, tandis que les Français se réorganisent selon les directives britanniques, en structurant une section de mitrailleuses lourdes, une section médicale, une section de radios et une section de transport.
Le 25 mai 1944, la brigade est conduite au camp de Titchfield puis mise au secret et informée de sa mission sur des cartes dont la toponymie a été changée.
La mission est désormais claire : débarquer sur des plages puissamment défendues, éliminer les défenses côtières et faire la jonction jonction avec les parachutistes britanniques pour établir une tête de pont.

Le N°4 Commando
1940 - 1946
Créé en 1940, le N°4 Commando est l’une des unités de commandos britanniques les plus aguerries. D’abord conçu pour mener des raids limités contre la côte occupée, il devient rapidement une formation d’assaut capable d’opérations complexes.
Il participe au raid des Lofoten en 1941, à l’opération Abercrombie à Hardelot, puis joue un rôle central à Dieppe en août 1942 : sous les ordres de Lord Lovat, il parvient à neutraliser la batterie de Varengeville, seul succès complet d’une opération pourtant coûteuse. C’est auprès de ce détachement que cinq commandos français opèrent lors de ce raid.
Cette expérience fait du N°4 Commando une unité de référence. Lorsque les Alliés préparent le Débarquement, il est choisi pour intégrer en son sein les deux troops françaises du 1er BFMC. L’annonce officielle est faite le 27 mars 1944, au moment où le N°4 Commando se prépare à rejoindre la 1st Special Service Brigade pour l’assaut en Normandie.
Le N°4 Commando reçoit pour mission de débarquer en première vague à Sword Beach. Ses objectifs sont précis : neutraliser les positions fortifiées d’Ouistreham, détruire les défenses côtières puis progresser vers les ponts de l’Orne pour appuyer les parachutistes britanniques autour du Pegasus Bridge. L’unité restera engagée 82 jours en Normandie, subissant plus de 50 % de pertes, avant d’être retirée du front en septembre 1944.
Rattaché ensuite à la 4th Special Service Brigade, le N°4 Commando participe à la campagne de l’Escaut et à la libération de Walcheren à l’automne 1944, avant d’être intégré à la force d’occupation en Allemagne. Il est dissous en 1946 avec l’ensemble des commandos de l’armée britannique.

Le Jour J et la campagne de Normandie
6 juin - août 1944
Le 6 juin 1944 à 7 h 55, les commandos français débarquent avec le N°4 Commando sur Sword Beach, secteur Queen Red, à Colleville-sur-Orne, à la limite de Ouistreham.
Arrivés 30 min après les premiers éléments du génie et juste avant le reste de la brigade, les deux troops françaises nettoient les défenses du secteur non sans difficulté. Leur mission suivante est la progression vers Bénouville pour rejoindre les parachutistes britanniques tenant les ponts sur l’Orne : la jonction est réalisée dans l’après-midi, conformément au plan.
Dès la nuit du 6 au 7 juin, les commandos se retranchent autour du Plain–Amfreville et entament une guerre de position : tirs d’artillerie, infiltrations ennemies, patrouilles nocturnes. Le 10 juin, une violente contre-attaque allemande partie de Bréville coûte 29 hommes à l’unité, dont trois tués, mais la ligne reste tenue. Kieffer, blessé deux fois le 6 juin, est évacué puis revient au front le 16 juillet, Lofi assurant l’intérim.
En juin et juillet, les patrouilles de harcèlement se multiplient, avec de nouvelles pertes, parfois causées par des tirs fratricides dans l’obscurité. Le 26 juillet, les commandos quittent Bréville pour la lisière du bois de Bavent, secteur miné et régulièrement bombardé.
À partir du 16 août, la retraite allemande se précipite : attaque sur Bavent, passage de la Dives à Robehomme, combat à la ferme de l’Épine le 20 août, puis progression jusqu’à Saint-Maclou, atteint le 25. C’est là que s’achève, début septembre, près de trois mois de campagne normande au cours desquels seuls 24 des 177 commandos du 6 juin n’auront pas été blessés.

Walcheren et la campagne des Pays-Bas
1944 - 1945
Après un court séjour en Angleterre en septembre 1944, les commandos français sont engagés dès octobre 1944 dans l’opération destinée à rouvrir l’accès du port d’Anvers. L’objectif est l’île de Walcheren, forteresse allemande verrouillant l’estuaire de l’Escaut.
Le 1er novembre 1944, les Français du 1er BFMC débarquent à Flessingue avec le N°4 Commando. L’assaut se déroule dans des conditions extrêmement difficiles : digues détruites, zones inondées, résistance dense et combats rapprochés dans les rues.
Les commandos progressent maison par maison pour s’emparer de la ville. Les pertes sont importantes et la bataille demeure l’un des engagements les plus violents du bataillon. Après deux jours de combats, Flessingue tombe et l’unité avance jusqu’à l’autre extrémité de l’île, où elle reçoit la capitulation allemande le 8 novembre 1944.
Le bataillon reste ensuite stationné aux Pays-Bas durant l’hiver 1944 –1945. Il est renforcé par l’arrivée d’un important groupe de jeunes volontaires venus compléter les effectifs. À partir de janvier 1945, les commandos mènent plusieurs raids côtiers contre l’île de Schouwen toujours occupée.
Le 1er BFMC demeure aux Pays-Bas jusqu’au printemps 1945, chargé de missions de surveillance, de contrôle de digues et de soutien aux unités britanniques. Walcheren, puis les raids de l’hiver, constituent les derniers engagements opérationnels des commandos français.
La mémoire des Commandos de la France Libre
De 1945 à nos jours
La mémoire du 1er BFMC/Commando Kieffer met du temps à émerger : après 1945, seules des cérémonies locales existent. Ce faible écho vient non d’une hostilité de De Gaulle envers les commandos, mais de son refus de commémorer le 6 juin, symbole d’un débarquement mené sans la France.

La mémoire du 1er BFMC/Commando Kieffer ne s’impose pas immédiatement après la guerre. Dès 1945, des cérémonies locales existent en Normandie, mais sans récit structuré. Contrairement à une idée répandue, ce faible écho ne tient pas à une hostilité de De Gaulle envers les commandos : son refus de commémorer le 6 juin visait l’opération elle-même, symbole d’un débarquement anglo-saxon dont la France fut politiquement écartée.
Entre 1947 et 1960, le souvenir demeure surtout régional. Un premier tournant survient en 1954, lorsque le président René Coty rend hommage aux commandos à Colleville-Montgomery. En 1962, Le Jour le plus long popularise la figure de Kieffer et inscrit durablement le commando dans l’imaginaire collectif, même sans reconnaissance officielle du Jour J par l’État.

La véritable transformation intervient en 1984, lorsque François Mitterrand organise les premières grandes cérémonies internationales. Pour représenter la France du 6 juin, le 1er BFMC est mis en avant, amorçant une hégémonie mémorielle : les commandos deviennent progressivement « l’image française » du Débarquement.
À partir des années 1990, cette dynamique s’accélère : documentaires, témoignages, ouvrages. En 2004, la polémique autour de la Légion d’honneur révèle l’importance symbolique prise par l’unité, devenue un mythe national valorisant l’idée d’une France volontaire et combattante.
Depuis 2008, avec la création du Commando Kieffer au sein de la Marine nationale, puis les commémorations de 2014 et 2019, cette mémoire occupe une place centrale. Elle dit moins l’histoire brute que l’usage que la nation fait aujourd’hui de cette page de la France libre.

